Extrait d’un exposé de Jacques DALODE
Dans « biens publics mondiaux », il y a « biens publics ». Parlons donc en premier lieu des biens publics. La notion de « biens publics » est connue. Elle est intuitive et tombe sous le sens.
Historiquement, chaque société, chaque civilisation a développé des biens et des services publics : foyer collectif, puits communal, fontaine publique, espaces communs de rencontre ou de travail, marchés publics, voies de circulation et moyens d’échanges entre communautés voisines, tels les routes de l’empire romain, etc.
On parlait aussi traditionnellement de « communs » pour des ressources auxquelles tous ceux qui forment une communauté avaient accès, mais dont l’accès et l’usage était contrôlés de façon à garantir la pérennité de la ressource : pâturages communs, faune sauvage d’une région de chasse, forêt utilisée pour les coupes de chauffage, etc.
Les biens publics, ce sont des biens sans appropriation individuelle, des biens ou des services pour tous que fournit une instance désignée. On peut, pour les caractériser, utiliser les célèbres paroles de Victor Hugo : « chacun en a sa part et tous l’ont tout entier ».
Une constatation s’impose : ces deux derniers siècles, les biens publics sont allés croissants dans la société. Pour prendre l’exemple de la France, jusqu’au début du XIXe siècle, les biens publics y avaient une importance économique très relative. Ainsi, en 1815, ils se limitaient grosso modo à l’armée, la police, la justice (qui était d’ailleurs une justice de classe), des infrastructures routières et portuaires... Suite à un fort développement du mouvement social, à une accentuation des revendications et des luttes, à la mise en avant des droits de la personne humaine, ces biens publics se sont élargis progressivement - et notamment au XXe siècle - à l’éducation, à la santé, à la retraite, aux congés, et même aujourd’hui à un bout de droit au logement. Les biens publics viennent de conquêtes sociales, c’est ce qu’il est important de retenir.