Les propos tenus en septembre 2005 par François Baroin, ministre de l’Outre-mer, suggérant qu’il fallait remettre en question le droit du sol au profit du droit du sang dans « certaines Collectivités Territoriales », ont déclenché des défoulements haineux à Mayotte, où des leaders d’opinion appellent les Mahorais à la chasse contre leurs cousins comoriens, qu’ils hébergent ou qu’ils emploient à bon compte grâce au statut de "clandestins", en les désignant comme responsables de tous les maux qui les frappent, et ce dans une large indifférence médiatique (1).
Or, en droit international, ces "clandestins" ne franchissent aucune frontière. En effet, le 12 novembre 1975, l’archipel des Comores, composé de quatre îles (Ngazidja, Anjouan, Moheli, et Mayotte), était admis à l’ONU comme un État nouvellement indépendant. Mais la France viole les règles internationales et maintient son drapeau et ses fonctionnaires à Mayotte, en s’appuyant sur une « volonté des Mahorais » construite par des menaces et des frustrations (transfert de la capitale administrative, économique et politique des Comores de Mayotte vers Ngazidja, à Moroni, dans les années 1960, déplacements forcés d’indépendantistes supposés de Mayotte vers ses îles sÅ“urs, lors et autour du référendum d’autodétermination…). Condamnée fermement vingt fois par l’ONU, cette situation reste illégale.
Après 1975, la France a laissé les Comoriens circuler entre les quatre îles, pour ne pas ajouter le crime de déplacements forcés de populations à l’illégalité de l’occupation de Mayotte. Ceci jusqu’en 1995, où Charles Pasqua, au sein du gouvernement d’Édouard Balladur, a mis en place un visa, laborieux à obtenir, pour empêcher les Comoriens des autres îles de se rendre à Mayotte.
Depuis, ce sont des milliers de traversées qui se font chaque année sur des embarcations de fortune, en cachette des forces françaises. On décompte en tout des milliers de morts par naufrage de ces « kwassa-kwassa ».
Pour ceux qui réussissent la traversée, les conditions de la vie clandestine sont indignes, notamment lorsqu’ils travaillent sans aucun droit pour des salaires misérables.
Les maisons de ces "clandestins" sont régulièrement incendiées avec la bénédiction de maires, du préfet et sous la protection de la gendarmerie. Les victimes sont entassées dans des centres de rétention en attendant leur déportation vers les autres îles.
Depuis fin septembre, le député UMP Mansour Kamaridine organise la fronde (manifestations, pétitions, etc.), et le préfet continuait de faire incendier des quartiers hébergeant des "clandestins" alors qu’il n’y avait plus un seul bateau autorisé à les évacuer vers les autres îles. Nombreux sont ceux qui se sont réfugiés dans des forêts.
Rappelons qu’en droit international, les déplacements forcés de populations dont les forces françaises se rendent coupables sont un crime contre l’humanité, passible de la Cour pénale internationale (articles 7.1.d et 7.2.d des Statuts de Rome) pour ceux commis depuis son entrée en vigueur, en juillet 2002.
Pourquoi la France demeure-t-elle sur la scène internationale un pays qui bafoue des frontières nationales et des résolutions de l’ONU ?
Une attitude légaliste lui rendrait la légitimité qui lui a manqué pour donner des leçons de droit international aux États-Unis lorsqu’ils annonçaient leur intention d’envahir l’Irak. Les Comoriens des autres îles circulant à Mayotte ne sont ni des « immigrés », ni des « clandestins » : ils sont sur leur territoire, qui est occupé par une puissance étrangère.
Nous demandons aux autorités françaises :
d’abroger ce visa immédiatement, et donc de renoncer aux déplacements forcés des Comoriens,
de nommer à Mayotte un préfet qui aura pour mission d’apaiser les esprits d’une population galvanisée par le poison de la xénophobie.
Nous demandons également à l’ONU et à l’UA d’établir une commission d’enquête internationale sur la possibilité de rendre la souveraineté sur Mayotte à l’Union des Comores. La nouvelle Constitution comorienne laisse en effet une telle autonomie aux quatre îles qui la composent que les Mahorais pourront s’administrer eux-mêmes, avec un niveau de partenariat très poussé avec la France. Le principe constitutionnel de la présidence tournante de l’Union leur assurera le partage à tour de rôle de la souveraineté de l’Union, dont les pouvoirs peuvent se résumer à la protection des frontières comoriennes.
(1) France inter fera notoirement exception en programmant prochainement une série des émissions Là -bas si j’y suis sur le sujet (probablement durant la semaine du 9 au 13 janvier).
Kommuiqué, 20.Dezember 2005
Mayotte schlägt Alarm
Die im September 2005 gehaltene Rede von François Baroin, dem „Minister für Übersee", suggeriert das Infragestellen des Bodenrechts zugunsten des Blutrechts auf bestimmten Inselgruppen. Die Rede löste Hass auf der Insel Mayotte aus, auf der Meinungsführer die Einwohner zur Hetzjagd gegen ihre Nachbarinselbewohner („cousins comoriens") aufrufen, denen sie Wohnrecht einräumen oder die sie billig beschäftigen aufgrund ihres illegalen Status. Außerdem werden sie für alle Missstände auf Mayotte verantwortlich gemacht. Das Ganze spielt sich in einer weit verbreiteten medialen Gleichgültigkeit ab.
Nun aber überqueren die „illegalen Einwanderer" (clandestins) nach internationalem Recht keine einzige Grenze. Tatsächlich wurde am 12. November 1975 das Komorenarchipel, das aus vier Inseln besteht (Ngazidja, Anjouan, Moheli und Mayotte), der UNO als neuer unabhängiger Staat unterstellt. Aber dennoch verletzt Frankreich die internationalen Gesetze und hält seine Beflaggung und seinen Beamtenstatus auf Mayotte aufrecht. Frankreich stützt sich auf den „Willen der Einwohner Mayottes", den sie durch Drohungen und Frustrationen künstlich erzeugt haben, indem sie in den 60er Jahren die Verwaltungs-, Wirtschafts- und Politikzentrale der Komoren von Mayotte auf die Schwesterinseln übertragen haben durch ein Referendum zur Selbstbestimmung. Dieses Verhalten wurde 20 Mal von der UNO stark verurteilt, trotzdem bleibt die Situation unrechtmäßig.
Nach 1975 hat Frankreich den Komoranern freien Verkehr zwischen den vier Inseln erlaubt, um der illegalen Besetzung Mayottes nicht auch noch das Verbrechen der Zwangsübersiedlung der Bevölkerung hinzuzufügen. Der freie Verkehr war bis 1995 möglich, bis Charles Pasqua unter der Regierung Edouard Balladur ein Visum eingeführt hat, das schwierig zu bekommen war und darüber hinaus verhindern sollte, dass sich die Inselbewohner der drei Schwesterinseln auf Mayotte niederlassen.
Seitdem versuchen jedes Jahr Tausende von Menschen heimlich auf Schiffen die Insel Mayotte zu erreichen. Insgesamt zählt man Tausende von Toten, die durch Schiffbruch der „kwassa-kwassa" ums Leben gekommen sind.
Diejenigen, die die Überfahrt überleben, finden menschenunwürdige Lebensbedingungen vor, insbesondere weil sie ohne jegliches Recht für miserables Entgeld arbeiten.
Die Häuser der „Illegalen" werden unter Billigung der Bürgermeister, des Präfekten und der Gendarmerie regelmäßig in Brand gesetzt. Die Opfer werden in Aufenthaltszentren zusammengepfercht, um die Abschiebung auf die anderen Inseln einzuleiten.
Seit Ende September organisiert der UMP-Abgeordnete Mansour Kamaridine eine Widerstandsgruppe (Demonstrationen, Unterschriftenaktionen, etc.) und dennoch lässt der Präfekt weiter die Wohnviertel, in denen die „Illegalen" wohnen, in Brand setzen, obwohl es kein einziges Schiff mehr gibt, das die Erlaubnis hätte, die Menschen auf die anderen Inseln zu transportieren. Viele der Flüchtlinge haben Zuflucht in den Wäldern gesucht.
Erinnern wir uns, dass die Zwangsübersiedlungen, derer sich die französischen Streitkräfte schuldig gemacht haben, nach internationalem Recht ein Verbrechen gegen die Menschlichkeit sind und seit Juli 2002 vom internationalen Strafgerichtshof (Artikel 7.1.d und 7.2.d gemäß der Status de Rome) geahndet werden können.
Warum bleibt Frankreich auf der internationalen Szene ein Land, das die nationalen Grenzen und die UNO-Resolutionen nicht beachtet ?
Eine sehr gesetzestreue Einstellung hätte Frankreich das Recht eingeräumt den Vereinigten Staaten eine Lektion zu erteilen, als sie ihren Einmarsch in den Irak ankündigten. Die Komoraner der anderen Inseln, die sich auf Mayotte einfinden, sind weder „Einwanderer" noch „Illegale" (clandestins) : Sie befinden sich auf ihrem eigenen Gebiet, das durch eine fremde Macht besetzt ist.
Wir fordern von den französischen Behörden :
die sofortige Abschaffung des Visums und damit die Aufgabe der Zwangsübersiedlungen
der Komoraner und
die Benennung eines Präfekten auf Mayotte, dessen Hauptaufgabe es wäre, die Stimmung der durch das Gift der Fremdenfeindlichkeit aufgestachelten Bevölkerung, zu besänftigen.
Wir fordern ebenfalls von der UNO und der Afrikanischen Union die Einführung einer internationalen Untersuchungskommission mit dem Ziel, der Union der Komoren wieder die Souveränität über Mayotte zurückzugeben. Die neue Verfassung der Komoren bietet den vier Inseln eine solche Unabhängigkeit, so dass die Einwohner Mayottes sich selbst verwalten könnten verknüpft mit einer nach Frankreich orientierten Partnerschaft. Die Verfassung wird eine wechselnde Präsidentschaft beinhalten, so dass jede Insel im regelmäßigen Wechsel den Präsidenten stellt. Zusätzlich sollen die Regierungen auf den Schutz der Grenzen der Komoren achten.