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26 janvier, SOUDAN. Le Darfour laissé à son « triste sort ». La France doit agir d'urgence. Publié le jeudi 26 janvier 2006

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Kofi Annan, 25/01 (1) : « La dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d’une force de l’Union africaine a une opération des Nations Unies est désormais inévitable. » Le Secrétaire général de l’ONU appelle le Conseil de sécurité à « rapidement prendre une décision ferme ». Il serait en effet temps que le Conseil de sécurité (sécurité de qui ?) se décide à prendre cette « décision ferme » !

Kofi Annan rappelle les meurtres, viols, qui continuent au Darfour (depuis 2003), les gens qui fuient par milliers, les 2 millions de déplacés, les 3 millions (la moitié de la population de la région) qui ne survivent que grâce à l’aide internationale quand celle-ci peut leur parvenir. Il rappelle le « manque chronique de fonds » mis à disposition des troupes de l’Union Africaine (UA), l’insuffisance des forces sur place (5000 soldats et 2000 policiers). Il rappelle surtout que les troupes de UA n’ont « pas le mandat qu’il leur faudrait pour protéger les gens qui sont en danger ou faire appliquer un cessez-le-feu que les rebelles, les Janjaouid et les forces gouvernementales soudanaises enfreignent désormais régulièrement ».

Kofi Annan souligne que si le passage d’une force de l’UA à une opération des Nations Unies est inévitable, il est surtout indispensable que cette opération dispose d’un mandat « qui l’autorise à protéger ceux qui sont en danger, en recourant à la force si nécessaire », et des moyens de le faire. Il en appelle aux pays disposant de moyens militaires à renforcer l’opération qu’il appelle de ses recommandations.

Combien de fois, pendant combien de temps encore, faudra-t-il répéter ce que rappelle Kofi Annan : « Le Conseil de sécurité se trouve ainsi mis sur la sellette. La Charte des Nations Unies lui attribue le principale responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationale. » C’est quoi le maintien de la paix, la sécurité internationale, pour quoi faire si ce n’est pour sauver des vies ? Faut-t-il encore répéter que les vies au Darfour valent celles qui se trouvent à New York, à Paris, ou à Amsterdam ? Faut-il encore répéter ce que Kofi Annan ne dit pas : l’impunité des pires coupables de la catastrophe en cours au Darfour est l’une des principales causes de sa persistance. Survie insiste tout particulièrement sur ce point, dont le traitement reflète le courage ou la lâcheté de qui s’en charge.

Survie rappelle que la population du Darfour, prise dans les rets d’une situation à la fois simple et complexe, est, depuis longtemps, en danger d’éradication. Il faut commencer par suivre les recommandations du Secrétaire général de l’ONU pour empêcher que cette menace ne devienne réalité, puis s’attaquer aux paramètres du drame en sanctionnant sans ambages les pires coupables parmi ses acteurs. En commençant par les plus hauts responsables des intérêts en jeu (dont les chefs des Etats de la région, celui du Soudan, Omar el Béchir, et celui du Tchad, Idriss Déby), quitte à ce que cela coûte quelques barils de pétrole à ceux qui s’engageraient dans une telle Å“uvre de salubrité.

Survie demande à la France, membre du Conseil de sécurité, de prendre, d’urgence, ses responsabilités au sein de cette instance. Notre pays doit, sans discussion, soutenir, publiquement, avec force et conviction, les recommandations que Kofi Annan vient d’énumérer. Elle doit rappeler que la sécurisation des populations en danger et la sanction des criminels sont les préalables politiques au règlement des conflits.

(1) Service d’information des Nations Unies, www.un.org



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